Je n’ai qu’un seul désir
Je n’ai qu’un seul désir :
Quand tombe le soir,
Que l’on me laisse mourir
Au bord de la Mer Noire ;
Que mon sommeil soit doux,
Que la forêt soit proche,
Quand le soleil dissout
Dans les vagues sa torche.
Ni fleurs, ni étendards,
A mon chevet ne gisent ;
Tressez des branches lisses
Mon ultime brancard.
Après moi, une fois mort,
Que nul ne se lamente ;
L’automne sur mon corps
Feuilles mortes décante !
Gravissent, des ravines
Les sources, une à une
Et que saigne la lune
Empalée par les pins.
Sonnaille, au long des berges,
Un vent froid, tristes vêpres
Et qu’un tilleul, comme prêtre,
De ses rameaux m’asperge.
Plus ne me vois errant
En exil sur cette terre…
Les souvenirs d’antan,
De neige qu’ils m’enterrent.
L’Étoile du Berger
Et ses sidères pairs,
Seront mes seuls frères
Dans la noire forêt.
Qu’elle hurle son tourment
La passion de la mer…
Je resterai poussière
Dans mon isolement.